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Iroko

Forum Jeunes
17 décembre 2015

« Iroko » de Khadim Rassoul Fall a remporté le Prix spécial du jury Vivendi-Sciences Po pour l'Innovation RSE des médias ex-aequo avec « Nollywood ou l’émergence à deux mesures » de Romane Butin et Frédérique Triballeau.

« Jour après jour, il semble donc qu’à travers son accessibilité, sa quasi-exhaustivité, sa gratuité, sa diversité, le numérique offre les garanties d’un paysage culturel idéal » David Lacombled disait dans Digital Citizen. De par sa nature même, le numérique fait fi des frontières qui séparent les peuples et sa pénétration dans le continent africain en l’occurrence fut lente, mais progressive. Ceci m’amène à me demander comment le numérique pourrait être un atout judicieux pour l’Afrique dans toute sa diversité. Ce faisant, à cette interrogation je soumets une solution bien réalisable, bien qu’embryonnaire. 

    Ces deux dernières décennies, l’Afrique s’est largement insérée dans l’économie mondiale, affichant des taux de croissance record - jusqu’à 5,4% en moyenne. Le taux d’urbanisation est galopant et la classe moyenne est de plus en plus importante. Par ailleurs, aujourd’hui, on compte plus de 500 millions de téléphones mobiles en usage en Afrique et on comptait en 2013 plus de 90 millions d’utilisateurs d’Internet, avec un taux de pénétration d’Internet avoisinant les 12 %. Ces technologies sont utilisées par les paysans, pour s’enquérir du cours de la bourse, comme par les jeunes pour diverses raisons. Toutefois la particularité de l’Afrique est dans sa diversité culturelle et la jeunesse de sa population. Il y a près de 2000 groupes ethniques en Afrique et autant de langues vernaculaires. De même, avec une population d’un milliard, l’Afrique a la population la plus jeune du monde avec près de 200 millions d’habitants âgés de 15 à  20 ans soit 40% de la population active et ce nombre s’accroît à vive allure. Cependant, ce qui est alarmant c’est que selon le rapport de 2014 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), il y aurait 75 millions de jeunes chômeurs dans le monde et 38 millions de ces jeunes vivent en Afrique. Ainsi aux yeux d’un analyste sénégalais de l’OIT Dramane Aidara ces jeunes sont « la génération perdue, menaçant la cohésion sociale ». Et, une enquête réalisée par la Banque mondiale conforte ces propos car selon l’institution 40% des personnes enrôlées dans les milices rebelles ou les groupes terroristes auraient été motivées par le manque d’emploi. Une telle situation est désolante étant donné qu’ils font la force du continent africain et qu’ils sont censés assurer à l’Afrique des lendemains reluisants. Afin de pallier du mieux que faire se peut la léthargie improductive dans laquelle la force juvénile de l’Afrique s’enlise, je songe à mettre au point un projet qui s’intitulerait « Iroko ». Ce nom m’est inspiré par un arbre millénaire proche du « Baobab » légendaire et qui est connu pour la profondeur de ses racines et son apparence majestueuse. Il a toujours été pris comme symbole pour la force de la jeunesse et son enracinement culturel.

  Je suis originaire du Sénégal, mais par conviction mon projet a pour finalité de s’implanter dans tous les pays d’Afrique. Toutefois, pour un début je compte développer le projet au Sénégal avec un groupe de développeurs Web spécialisés dans la mise au point de plateformes Internet. Il y a des milliers de jeunes diplômés et de jeunes défavorisés qui n’arrivent pas à se professionnaliser par manque d’opportunités mais aussi d’information. Je voudrais que cette plateforme soit le réceptacle de leurs rêves mais aussi de leurs griefs. Beaucoup de jeunes ont des projets et des rêves mais malheureusement ils sont limités financièrement et matériellement. L’idée est qu’ils fassent part de leurs projets  et de leurs ambitions sur la plateforme afin de trouver des collaborateurs. Notre rôle serait de mettre en relation ceux qui ont des centres d’intérêts communs et qui souhaitent travailler avec des jeunes de leurs pays ou de leurs sous-régions. Ainsi, des coopératives peuvent naître sous notre coordination. Si les projets ne sont pas utopiques et ont de fortes probabilités de se concrétiser, nous aurons la tâche de les mettre en relation avec des banques et des agences de subventions, mais aussi nous les assisterons dans les obligations administratives qui peuvent souvent être dissuasives à cause, par exemple, de la corruption bureaucratique.  Pour que mon projet soit vraiment plausible, il me faudrait nécessairement avoir un carnet d’adresses bien fourni, ce que Sciences Po m’a permis d’assez étoffer grâce aux rencontres avec les alumnis et les entreprises. Pour le côté financier, je m’escrimerai à trouver des subventions de l’Etat sénégalais par exemple, étant donné que le gouvernement mène une croisade contre le chômage des jeunes et l’immigration clandestine qui en est un corollaire. Par ailleurs, avec une bonne campagne de publicité, des PME et les grandes entreprises ayant besoin de main d’œuvre qualifiée ou non qualifiée peuvent requérir nos services.  Il serait ainsi possible de prendre des commissions pour une certaine gamme de services rendus et même être actionnaire dans certaines coopératives issues de notre plateforme et qui sont génératrices de revenus stables. Si le projet est prospère au moins dans les 5 années qui suivent, il sera maintenant question d’internationaliser la plateforme dans la sous-région et plus particulièrement dans les pays frontaliers du Sénégal pour faciliter le transport et la logistique. De même ; afin que le contenu de la plateforme soit accessible à une plus large part de la population, les langues locales seront aussi utilisées en dehors des langues officielles, mais seront écrites avec l’alphabet latin étant donné que le taux d’alphabétisation des jeunes est de 70% selon le rapport 2011 pour les Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD). Cela est dû au fait que  la non-maîtrise des langues officielles telles que l’anglais et le français maintient plus de 40 % de l’économie dans l’informel, ainsi avec une plateforme linguistiquement accessible à cette composante négligée de l’économie, les commerçants et les coopératives de la sous-région pourront entrer en contact et nouer des relations d’affaires.

    En définitive, le numérique, utilisé à bon escient peut changer radicalement la donne en Afrique. Ainsi, la portée culturelle et économique de mon projet est qu’il oblitère les frontières culturelles qui cloisonnent les groupes ethniques et favorise leurs interactions. Et, selon moi il n’y a pas meilleur moyen de stimuler l’économie et de fédérer les peuples qu’en invitant la jeunesse à coopérer pour réaliser ses rêves.

Khadim Rassoul Fall est né et a vécu au Sénégal avant d’intégrer le Programme Europe-Afrique de Sciences Po. Passionné de littérature, il a notamment été éditorialiste de la revue trimestrielle  sénégalaise « Voix de l’Enfant de Troupe ». Engagé en politique, Khadim est un fervent défenseur du rôle de la jeunesse dans l’avenir de l’Afrique. En témoigne, entre autres, son implication dans le  Groupe Estudiantin de Réflexions sur l’Avenir de l’Afrique, dont il a assuré la coordination au Sénégal pendant ses années de lycée.

 

Forum Jeunes

Nollywood ou l’émergence à deux mesures

17 décembre 2015

« Nollywood ou l’émergence à deux mesures » de Romane Butin et Frédérique Triballeau a remporté le Prix spécial du jury Vivendi-Sciences Po pour l'Innovation RSE des médias ex-aequo avec « Iroko » de Khadim Rassoul Fall.

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Focus

Projection spéciale de Nuytten/Film de Caroline Champetier à la Cinémathèque

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Nuytten/Film, le nouveau film de Caroline Champetier sera projeté en présence de la réalisatrice, le vendredi 11 décembre 2015 à la Cinémathèque française, en partenariat avec l’AFC (Association française des directeurs de la photographique cinématographique).

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