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Africult, la plateforme culturelle africaine en ligne

Forum Jeunes
17 décembre 2015

 « Le numérique au service de la coopération culturelle en Afrique : Africult, la plateforme culturelle africaine en ligne » de Manuela Boma-Atta et Julie Bourdin a remporté le Grand Prix Vivendi-Sciences Po pour l'Innovation RSE des médias.

Comment mélanger et partager entre elles la culture d’une Sud-africaine et celle d’une Togolaise ? Tel fut notre point de départ pour ce projet. Jeunes et dynamiques, nous recherchions une approche de la culture qui parlerait à la jeunesse africaine, mais surtout, un moyen de lui démontrer avant tout la diversité de ses cultures. Nous voulions aussi qu’un échange et qu’un réel lien se crée entre les deux cultures, une d’Afrique de l’Est et l’autre d’Afrique australe. Nous recherchions donc un point de départ, que nous trouvâmes dans la musique. Toutes deux passionnées mais écoutant des genres musicaux assez différents, nous avons donc réfléchi à la mise en place d’un festival de musique interafricain. Cependant, nous avons rapidement été confrontées au problème de la mobilité en Afrique : il est aujourd’hui difficile de voyager à des prix abordables sur le continent, surtout pour des jeunes étudiants comme nous. C’est alors que le numérique vint à notre rescousse : imaginer un moyen de diffuser la musique africaine grâce à Internet.

Si Internet permet de franchir des milliers de kilomètres, pourquoi alors se limiter à la musique ? Notre projet est donc celui d’une plateforme culturelle africaine en ligne : Africult. Dans une Afrique où bien sûr, internet serait plus répandu et surtout plus rapide, nous imaginons une plateforme culturelle numérique, qui rassemblerait la musique, l’art, la poésie, avec une touche en plus, des ‘Vines’ : ce sont des vidéos d’une durée d’à peine quelques secondes, très populaires depuis quelques années sur les réseaux sociaux. Dans les lignes qui suivent, nous allons alors vous expliquer le fil de notre réflexion, qui aboutit à Africult, le centre culturel africain en ligne.

Nous adorons la musique. Nous inspirant du modèle du réseau Spotify, nous nous sommes demandées : pourquoi pas ne pas créer une plateforme d’écoute de musique strictement africaine ? Nous avons cependant réalisé que de tels modèles existaient déjà, sous forme de playlists sur des sites tels que YouTube. Un autre concept nous vint alors à l’esprit... Alors que les playlists d’écoute proposent déjà des artistes et des chansons connus, nous avons pour objectif, à travers ce projet, de faire découvrir de nouveaux talents. L’Afrique est un continent qui regorge et déborde de sonorités, de styles et de talents musicaux différents. Nous proposons, grâce à Africult, que de jeunes artistes inconnus qui désirent partager leur travail et leur passion y postent leur composition, quel que soit le genre musical. Ainsi, les abonnés d’Africult, par un système de ‘likes’ (vote positif) et de ‘dislikes’ (vote négatif), ‘noteraient’ les compositions des jeunes talents. Chaque ‘like’ enregistrerait l’artiste dans le compte personnel de l’abonné, ce qui permettrait à celui-ci de suivre le jeune talent. Africult serait donc à la fois une opportunité pour les jeunes Africains de découvrir des talents, genres musicaux, cultures provenant des quatre coins du continent, et une plateforme permettant aux artistes de se faire connaître, de se créer une communauté de ‘fans’, même dans des milieux qui ne sont pas toujours propices au développement de leurs talents.

Mais comment mélanger les genres musicaux de différents pays ? Comment encourager les jeunes utilisateurs à s’intéresser à des productions artistiques différentes de celles auxquelles ils sont habitué, à sortir de leur zone de confort pour partir à la découverte des autres cultures du continent ? De là une seconde idée nous est venue : mettre en place des compétitions de ‘mash-up’. Un ‘mash-up’ est une composition musicale mélangeant plusieurs chansons populaires afin de créer un nouveau morceau. Ainsi, nous proposerions aussi aux abonnés de créer des ‘mash-up’, selon certains critères : un ‘mash-up’ devrait inclure au minimum des chansons de 5 pays africains différents, et de trois langues parlées en Afrique. Les abonnés par la suite voteraient pour le ‘mash-up’ du mois ou de la semaine, selon le nombre de productions reçues. L’idée des ‘mash-up’ permet donc de mélanger plusieurs genres musicaux. Dans la même composition musicale, un Marocain, un Béninois, un Ougandais ou un Kényan pourraient se retrouver. L’idée de musique comme langage universel prendrait alors tout son sens.

Cependant, étant donné notre créativité et notre ambition pour ce projet, nous n’avons pas voulu nous arrêter là. C’est dans une église, en regardant les représentations divines sur les murs que nous est venue l’idée d’étendre cette plateforme musicale à l’art en général. En effet, nombreux artistes africains, peintres, photographes ou sculpteurs ont du mal à se faire connaître et à vivre de leur art. Alors, Africult se dote d’un onglet artistique, sur lequel les artistes numériseront leurs oeuvres, et les posteront, afin de faire découvrir leur travail. La littérature aussi serait présente, puisque les poètes en herbe ou aguerris, les écrivains y posteraient leurs écrits, qui seraient alors lus et découverts. Africult deviendrait la voix de la culture et la voie de la découverte des talents de la culture africaine.

Nous avons aussi voulu y apporter une dimension plus distractive. Quoi de mieux pour se distraire sur internet que de regarder des vidéos drôles en ligne ? Avec l’émergence de nombreux jeunes humoristes sur la toile, qui mettent en scène notamment les conflits générationnels ou leur vie quotidienne, nous proposons aux abonnés de découvrir les cultures africaines à travers de courtes vidéos humoristiques, les Vines. Les abonnés devraient réaliser des petits films, mettant en scène des situations de leur quotidien, dans leur pays. A travers ces vidéos donc, les jeunes africains montreraient la culture de leurs pays avec humour.

Pour résumer : Africult : une plateforme culturelle africaine en ligne, regroupant musique, art, peinture, poésie, photographie, vidéos... Son but : faire connaître les nouveaux talents d’Afrique, mais surtout partager et diffuser la culture africaine par les Africains, pour les Africains. Grâce à cela, Internet se doterait d’une fonction à la fois distractive mais animée d’une réelle ambition de cohésion sociale, par la découverte de nouveaux artistes qui pourront vivre de leur passion et développer et enrichir leurs communautés en retour. Nous avons déjà le logo en tête : le continent Africain, coiffé d’un casque de musique allant du Golfe de Guinée à la Corne, orné de tous les symboles de l’art, un crayon, un appareil photo, une toile de peinture.

En se développant, Africult se dotera de partenaires, de sponsors dans le milieu artistique, qui permettront à ces artistes de vivre de leur production et de leur passion. Aussi, des producteurs et ‘mécènes’ pourraient découvrir ces talents via ce site. Peut-être l’entreprise Vivendi sera-t-elle le premier sponsor et produira-t-elle le disque du premier talent qui aura atteint le million de likes ?

 

Etudiante en deuxième année du Programme Europe –Afrique de Sciences Po, Manuela Boma-Atta est d’origine togolaise et figure parmi les bénéficiaires d’une bourse Excellence-Major, bourse au mérite délivrée par le gouvernement français.  Elle est à l’origine, avec d’autres camarades, de EurafTV, la web TV du Programme Europe-Afrique. Par ailleurs, elle pilote la communication de l’association « Education et Questions Africaines » qui œuvre en milieu scolaire pour déconstruire les clichés sur l'Afrique. Elle souhaiterait travailler dans l’économie du développement, dans le domaine de l’éducation particulièrement.

Franco-sud-africaine, Julie Bourdin a vécu à Madagascar, au Brésil et en Afrique du sud. A 19 ans, elle parle ainsi le français, l’afrikaans, l’anglais, le portugais et l’allemand. Etudiante à Sciences Po, en deuxième année du Programme Europe-Afrique et passionnée de journalisme, elle a participé à la fondation et à l’animation de EurafTV. Julie fait aussi partie, avec Manuela, de l’association « Education et Questions Africaines ».

 

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