En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies « tiers » ou technologies similaires destinés à identifier et analyser vos centres d’intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer le cas échéant ces traceurs, nous vous invitons à cliquer ici.
Pour poursuivre votre navigation sur ce site, cliquez sur «» pour Continuer et/ou poursuivez votre navigation.

Trash-to-Cash : l’art et l’artisanat local redonnent de la dignité aux personnes handicapées

Focus
14 mai 2013

Trash-to-Cash travaille avec des personnes handicapées qui recyclent des déchets en utilisant les techniques traditionnelles d’artisanat indien adaptées à une conception moderne.

L’histoire commence avec l’ONG indienne Society for Child Development, engagée dans l’accès à l’éducation pour les enfants souffrant d’un handicap. Mais Madhumita Puri, sa fondatrice, était de plus en plus confrontée à des parents d’enfants handicapés lui demandant à quoi cela pourrait bien servir de scolariser leur enfant, puisque leur handicap ne leur permettrait de toute façon pas de trouver un emploi plus tard.

C’est ainsi que l’idée de Trash-to-Cash a commencé à germer dans l’esprit de Madhumita. Face à l’absence de débouchés professionnels, elle décide alors de s’attaquer directement au problème en créant elle-même ces emplois manquants. Trash-to-Cash offre aux personnes handicapées un travail décent, adapté à leurs capacités et difficultés, que celles-ci soient physiques ou mentales, tout en respectant la tradition artisanale indienne et la culture qui y est liée. En effet Mandhumita a choisi de former les personnes handicapées aux techniques traditionnelles d’artisanat afin de réaliser des objets d’art et des produits destinés aux artistes, luttant ainsi pour un autre de ses objectifs : préserver l’incroyable diversité culturelle de l’Inde.

Trash-to-Cash travaille avec des personnes handicapées qui recyclent des déchets en utilisant les techniques traditionnelles d’artisanat indien adaptées à une conception moderne.

Les activités de cette entreprise sociale se divisent en 4 lignes de production, qui sont autant de sources de revenu:

  • Le recyclage des fleurs des temples en poudres de couleur utilisées pendant le festival national d’Holi : produites en grande quantité, l’année dernière ce sont 9000 kgs de poudre qui ont été vendus. Ici par exemple, le travail en lui-même (couper les fleurs, les trier…) est simplifié à l’extrême afin que n’importe quelle personne handicapée puisse s’en charger ; les tâches plus complexes de coordination et d’administration sont assurées par celles et ceux qui possèdent des capacités cognitives plus « normales » mais qui peuvent par contre souffrir d’un handicap physique, plus léger ;
  • La récupération de vieux vêtements et tissus donnés par des familles ayant entendu parler du programme, et la confection, avec ces tissus, de papier fait main. Ce type de papier, de très bonne qualité, est souvent recherché par les artistes pour son côté authentique, sa solidité et son esthétique ;
  • Le tissage de vieux films de cassettes audio ou vidéo, de différentes tailles et différentes couleurs, pour en faire des sacs, porte-monnaie, boîtes… très originaux ;
  • La collecte de déchets de post-production issus des usines et leur reconversion en objets distribués lors des conférences (porte-documents, sacs…).

 

Tout est réalisé au sein du centre du projet, dans les quartiers Nord de Delhi, un lieu plutôt petit mais… « nous savons bien occuper l’espace ! » (rires)

Recyclage des fleurs des temples en poudres de couleur utilisées pendant le festival traditionnel Holi (la « fête des couleurs »)

Les produits manufacturés sont vendus sous la marque Trash-to-Cash, grâce à un vieux vélo-rickshaw récupéré, retapé et décoré. « Ce vélo-rickshaw, c’est notre boutique ! », plaisante Madhumita. « A Delhi, il y a un marché très populaire où nous nous garons une ou deux fois par mois. » Bien que le projet soit de plus en plus connu localement en Inde, jusqu’ici seuls quelques acheteurs étaient étrangers, principalement australiens. L’ouverture d’une boutique en ligne est encore en projet et devrait permettre à la marque d’élargir facilement sa clientèle et de bénéficier d’une bien meilleure visibilité.

« Le fait même que ces personnes rapportent de l’argent au foyer montre au monde extérieur qu’ils sont compétents »

En dehors des classes supérieures, les personnes souffrant de handicap, plus particulièrement lorsqu’elles n’ont pas reçu d’éducation, sont considérées comme un fardeau par leur communauté, voire même par leur famille. « Qu’on le veuille ou non, c’est l’argent qui oriente notre sens des valeurs », juge Madhumita.

Partant de la conviction que chacun a quelque chose à offrir, Trash-to-Cash ne veut faire aucune discrimination : l’entreprise travaille avec des personnes souffrant de tout type de handicap, qu’ils soient malvoyants, malentendants, handicapés physiques ou mentaux, autistes, etc. Pour Madhumita, c’est à nous d’identifier à quoi chacune de ces personnes peut être douée, et d’inclure ces capacités au système excluant que nous avons construit, afin qu’eux aussi puissent y contribuer.

Trash-to-Cash est une entreprise sociale rentable. Après avoir payé les salaires des travailleurs handicapés et de son équipe, Madhumita est fière de pouvoir encore apporter des fonds à son ONG Society for Child Development, permettant à toujours plus d’enfants et d’adolescents d’avoir accès à une éducation qualifiante. Et tout naturellement, la boucle est bouclée…

Le SparkTour : deux globetrotteuses à la rencontre des entrepreneurs culturels

Cet article est proposé par le SparkTour : le tour du monde culturel par deux jeunes Françaises, Karine et Adèle. Leur objectif : partir à la rencontre de femmes et hommes, entrepreneurs sociaux et journalistes, qui grâce à leurs actions innovantes revitalisent le tissu local. Vivendi, partenaire du SparkTour, a le plaisir de relayer, en exclusivité, les initiatives culturelles les plus audacieuses repérées par ces globetrotteuses. Plus d’infos sur le projet: www.sparktour.fr

Focus

"Culture(s) with Vivendi" fête son premier anniversaire

21 mai 2013

En 2012, Vivendi a choisi le 21 mai pour lancer le site "Culture(s) with Vivendi" à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Alors que Vivendi célèbre, cette année encore, cette journée proclamée par les Nations unies, voici un retour en images sur la première année du site.

(+)
Focus

Rapprocher les technologies numériques et le monde de la culture au Sénégal :...

29 mars 2013

Trias Culture est un oiseau hybride, inqualifiable, à mi-chemin entre association, entreprise culturelle et label de formation.

(+)
Fermer Partager